Mon entourage ne comprend pas mon chagrin après la perte de mon animal
Mon entourage ne comprend pas mon chagrin après la perte de mon animal
Beaucoup de personnes me confient que leur entourage ne comprend pas leur deuil animalier après la perte de leur chien ou de leur chat.
« Ce n’était qu’un chien. »
« Tu devrais en reprendre un autre. »
« Il faut tourner la page maintenant. »
La plupart du temps, ces phrases ne sont pas prononcées avec de mauvaises intentions. Pourtant, lorsqu’on vient de perdre un animal aimé, elles peuvent être particulièrement douloureuses.
De nombreuses personnes qui vivent un deuil animalier me confient se sentir seules dans leur chagrin. Non seulement elles doivent faire face à l’absence de leur compagnon, elles ont parfois aussi le sentiment que leur peine n’est ni comprise, ni reconnue par leur entourage.
Pourquoi cette incompréhension est-elle si fréquente ? Et comment continuer à avancer lorsque l’on se sent seul avec sa douleur ?
Une relation que les autres ne peuvent pas mesurer
Chaque relation entre un humain et un animal est unique ; personne n’a vécu exactement ce que vous avez vécu avec lui. Personne n’était présent lors de tous ces moments du quotidien qui, mis bout à bout, construisent un lien profond : les promenades, les rituels du matin, les accueils joyeux au retour du travail, les périodes difficiles traversées ensemble, les moments de complicité silencieuse.
Pour certaines personnes, l’animal est un compagnon de vie depuis plus de dix ans. Pour d’autres, il a été un soutien dans une période particulièrement difficile, un repère rassurant ou une présence constante lorsque tout semblait vaciller autour d’elles.
Lorsque cet animal disparaît, ce n’est pas seulement un être vivant qui s’en va.
C’est une relation qui se transforme, une présence familière qui n’est plus là, un quotidien qui change, une partie de notre histoire qui prend une autre forme.
Or cette relation, aussi importante soit-elle pour vous, reste souvent invisible aux yeux des autres.
Ils voient l’animal. Vous vivez la relation.
Pourquoi l’entourage ne comprend-il pas toujours ?
Il est souvent tentant de penser que les autres minimisent notre souffrance. Parfois, c’est effectivement ce qui se produit, mais bien souvent, l’incompréhension vient surtout du fait qu’ils ne peuvent pas ressentir ce que vous ressentez :
– Ils n’ont pas vécu cette relation.
– Ils ne connaissent pas l’intensité du lien qui vous unissait à votre animal.
– Ils n’ont pas partagé votre quotidien de la même manière.
Certaines personnes n’ont jamais connu une relation particulièrement forte avec un animal. D’autres ont simplement une manière différente de vivre les attachements et les séparations.
Comme pour toute expérience profondément intime, il est difficile de comprendre pleinement ce que l’autre traverse lorsque l’on ne l’a pas vécu soi-même.
C’est pourquoi certaines remarques peuvent sembler maladroites, voire blessantes, alors qu’elles sont parfois prononcées avec l’intention sincère d’aider ou de réconforter.
Quand le silence s’installe
Face à l’incompréhension, beaucoup de personnes cessent progressivement de parler de leur animal. Elles évitent le sujet, elles gardent leurs émotions pour elles. Elles sourient lorsqu’on leur demande si elles vont mieux, alors qu’au fond la douleur est toujours présente.
Ce silence est souvent une tentative de protection :
– Protection contre les remarques maladroites.
– Protection contre le sentiment de devoir justifier sa peine.
– Protection contre la peur d’être jugé.
Pourtant, ne plus parler de son animal ne fait pas disparaître le manque ni les émotions associées.
Au contraire, certaines personnes se sentent alors encore plus seules dans leur deuil.
La légitimité de votre chagrin ne dépend pas du regard des autres
L’une des difficultés du deuil animalier est que nous cherchons parfois inconsciemment une validation extérieure. Nous aimerions que les autres reconnaissent notre souffrance pour nous autoriser à la ressentir pleinement.
Mais la légitimité de votre chagrin ne dépend pas de leur compréhension, elle dépend de ce que cette relation représentait pour nous.
Le chagrin est souvent proportionnel à l’intensité du lien vécu. Et ce lien, vous êtes la seule personne à l’avoir connu de cette façon.
Vous êtes donc également la seule personne à pouvoir mesurer ce que cette perte représente dans votre vie.
Votre douleur n’a pas besoin d’être comparée à celle des autres pour être réelle. Elle n’a pas besoin d’être justifiée pour exister.
Honorer la relation plutôt que se justifier
Avec le temps, il peut être aidant de déplacer son attention.
Plutôt que de chercher à convaincre les autres de l’importance de cette relation, il devient parfois plus apaisant de reconnaître soi-même ce qu’elle a représenté :
– Que vous a apporté cet animal ?
– Qu’avez-vous vécu ensemble ?
– Quelles traces a-t-il laissées dans votre vie ?
La relation ne disparaît pas avec la mort, elle évolue.
Les souvenirs restent présents, les apprentissages demeurent.
L’amour vécu continue souvent à nous accompagner d’une manière différente.
Reconnaître cela permet parfois de sortir progressivement du besoin d’être compris à tout prix.
Trouver un espace où l’on peut parler librement
Le deuil animalier est souvent plus facile à traverser lorsque l’on peut être accueilli sans jugement.
Parler à des personnes qui ont vécu une expérience similaire, participer à un groupe d’échange ou bénéficier d’un accompagnement spécifique permet souvent de déposer ce qui pèse encore.
Non pas pour effacer la douleur, mais pour lui donner une place, pour mettre des mots sur ce qui est vécu, pour honorer la relation qui a existé. Et pour ne plus avoir à expliquer pourquoi cette perte est importante.
Parce qu’au fond, ceux qui ont connu un lien profond avec un animal comprennent généralement sans qu’il soit nécessaire de se justifier.
Et pour ceux qui ne peuvent pas le comprendre…
Peut-être est-ce simplement qu’ils n’ont jamais eu la chance de vivre une relation aussi précieuse !
